le vin est avant tout un travail agricole de précision, long, collectif et exigeant, où chaque décision à la vigne conditionne le résultat final. À Gigognan, à la tête de plus de 100 hectares en bio, le chef de culture Loïc Baillet dévoile cette exigence quotidienne.
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Durée de l'entretien : 13 mn
Interview – Loïc Baillet
Chef de culture – Château Gigognan (Châteauneuf-du-Pape)
Par Antoine Gerbelle – Tellement Soif TV
Le ciel vient à peine de se dégager. Il y a une heure encore, la pluie tombait sur les galets roulés de Sorgues. Puis le mistral s’est levé, balayant l’humidité, asséchant les sols, redonnant au paysage sa netteté presque tranchante. « C’est ça, ici », résume Loïc Baillet. « La pluie, puis le mistral qui nettoie tout. » Chef de culture du Château Gigognan depuis 2019, il travaille aujourd’hui à la tête d’un vignoble conséquent : 40 hectares en Châteauneuf-du-Pape, 40 en Côtes-du-Rhône Villages et une vingtaine en Côtes-du-Rhône. Une dimension qui place le domaine parmi les structures les plus importantes de l’appellation, avec en toile de fond un défi majeur : remettre en état un vignoble fragilisé.
Reconstruire sans trahir
À son arrivée, une partie des vignes est en difficulté. Le chantier est vaste. « Il faut être pragmatique et avoir une vision claire de là où on veut aller », explique-t-il. Entre ambition qualitative et contraintes économiques, chaque décision compte. Certaines pratiques peuvent être ajustées, d’autres ne souffrent aucun compromis : la qualité du raisin reste la priorité absolue.Le travail commence par la vigne elle-même. Réduction des rendements, restructuration des ceps, entretien hivernal minutieux, remise en état progressive :
il s’agit de redonner de la vigueur sans brusquer des plants parfois âgés. « Ce sont comme des personnes âgées : si on en prend soin, elles peuvent aller loin. »
Mais parfois, la décision est plus radicale. « L’arrachage n’est jamais un plaisir. Mais quand il n’y a plus de rendement ni de qualité, il faut y aller. » Replanter devient alors un investissement autant agronomique que stratégique.
Le choix d’un bio...
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