Durée de la vidéo : 14 mn.
Il y a parfois, dans un entretien, un détail qui donne le ton. Ici, c’est la lumière. Quelques minutes avant l’échange, une bourrasque passait sur Gigognan. Puis Léonie Walle arrive, et le soleil revient sur la bâtisse. Coïncidence météorologique ? Peut-être. Mais elle colle assez bien au personnage : une énergie claire, un accent du Sud adopté, et cette manière directe de parler d’un château comme d’un organisme vivant.
Léonie Walle n’est pourtant pas née sous les galets roulés de Châteauneuf-du-Pape. Ses racines sont dans le Nord, « dans le Calais, plus exactement ». Elle a bougé pour ses études, pour ses emplois, avant de s’installer à Gigognan. « Je commence à prendre celui de Gigognan », dit-elle en parlant de son accent. Voilà une première leçon de vin : les lieux finissent parfois par parler à travers ceux qui les habitent.
Formée au tourisme et à l’œnotourisme, passée notamment par la Bourgogne, Léonie Walle arrive dans une appellation dont le nom attire déjà. Châteauneuf-du-Pape n’est pas un désert touristique. Les visiteurs viennent, notamment les Américains, portés par la notoriété mondiale de l’appellation. Mais Gigognan n’est pas exactement posé au milieu du flux. Le domaine est « un peu excentré de Châteauneuf », rappelle-t-elle, tout en restant pleinement dans l’aire châteauneuvoise.
Alors comment faire venir, retenir, donner envie de revenir ? La réponse n’a rien d’un gadget marketing. « Il suffit d’avoir une offre qui soit attractive, avoir du personnel compétent et qui aime faire ce qu’il fait. » Le mot important est là : aimer. À Gigognan, l’œnotourisme ne ressemble pas à un décor plaqué sur le vin. Il part du lieu, du vin, de l’équipe. « On a des personnes qui sont assez solaires dans l’équipe et on a un...
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