Durée de l'entretien : 6 mn.
Il y a des paysages qui expliquent mieux le vin que de longs discours. Ici, au pied des Dentelles de Montmirail, le décor n’est pas une carte postale posée derrière les vignes : il est la clé de lecture. Des plateaux, des monts, des replis, des sols qui changent de texture à quelques pas de distance. Dans d’autres régions, on appellerait cela des plaines. Dans le Rhône sud, ce sont déjà des reliefs, des nuances, des inflexions de maturité.
Et surtout, il ne faut pas croire que tout le secteur se résume aux fameux galets roulés. La preuve, sur cette parcelle de Vacqueyras où commence la rencontre. Ici, explique Julien Delhomme, « on est sur des cailloutis, pas des gros galets, plutôt des petits cailloux calcaires qui reposent sur des argiles brunes ». La phrase est simple, mais elle dit beaucoup : le Rhône sud n’est pas un bloc solaire uniforme. C’est une mosaïque.
L’entretien triche un peu avec le sujet initial consacré aux Côtes-du-Rhône. Car la vigne où l’on parle n’est pas classée dans l’appellation régionale, mais bien en Vacqueyras. Qu’importe : le cœur du sujet est là, dans cette frontière poreuse entre les crus et les Côtes-du-Rhône, dans ces parcelles voisines qui partagent une géographie, parfois des sols, mais pas toujours la même étiquette.
Julien Delhomme s’est installé officiellement en 2015. Une date récente à l’échelle du vignoble, mais déjà une trajectoire. Il ne vient pas d’une lignée directe de vignerons. « Mes parents ne sont pas du tout vignerons », raconte-t-il. Le goût du métier lui vient d’ailleurs : d’un oncle, de mercredis après-midi passés à la cave, de samedis de...
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