Durée de l'entretien : 9 mn.
Au Domaine Castigno, Clément Mengus a pris la mesure de ce territoire dès son arrivée en 2021, à la veille des vendanges. Une entrée en matière sans transition, presque brutale, mais révélatrice. Dès les premiers jus, à la sortie du pressoir, une conviction s’installe : le lieu parle. Pas dans la nuance, pas dans la suggestion, mais avec une immédiateté rare. Ce type de terroir ne demande pas à être deviné, il s’impose, à condition de savoir l’écouter et surtout de ne pas le trahir.
Car ici, le sol est un acteur central. Sur cette partie méridionale de l’appellation, les calcaires dominent. Une signature géologique qui pourrait bien redéfinir l’avenir de Saint-Chinian. Face à des millésimes de plus en plus extrêmes, comme 2023 marqué par une chaleur persistante et une sécheresse prolongée, ces sols jouent un rôle décisif. Ils retiennent, régulent, tempèrent. Et dans le verre, cela se traduit par une fraîcheur presque inattendue, une tension qui défie les conditions climatiques. Le vin devient alors, pour reprendre les mots du vigneron, “le jus des cailloux”, une expression directe, sans détour, du minéral.
Dans ce paysage, le carignan trouve une résonance particulière. Longtemps relégué au rang de cépage du passé, arraché, décrié, il revient aujourd’hui comme une évidence. Ces vieilles vignes, parfois âgées de plusieurs décennies, racontent une autre temporalité, une autre relation au climat. Résistant, profondément enraciné, le carignan n’est plus un compromis, il devient une solution. Une manière de faire avec, plutôt que contre, les contraintes du milieu. À Castigno, il incarne cette fidélité retrouvée aux cépages historiques, loin des tentations d’uniformisation ou d’importation variétale.
Mais la véritable surprise...
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