Corbières, après "l'ogre : le vignoble face aux cendres et à la solidarité Abonnés
Le 11 mai 2026
Le 5 août 2025, un incendie d’une violence inédite ravageait les Corbières, détruisant 11 000 hectares et frappant de plein fouet le vignoble audois. Vignes calcinées, raisins imprégnés par la fumée, domaines contraints d’abandonner : neuf mois après “l’ogre des Corbières”, les cicatrices restent profondes. Mais au milieu des pertes et du découragement, une solidarité exceptionnelle s’est levée pour empêcher tout un territoire de sombrer. Alexandre They (Château Vieux Moulin ), président des Vignerons indépendants d'Occitanie, est là pour le rappeller.

Durée de l'entretien : 7 mn

Alexandre They, président des Vignerons indépendants d’Occitanie, revient sur ce qu’il décrit comme un événement “inédit”, un incendie désormais surnommé “l’ogre des Corbières”.

Le feu, parti du massif de Ribot et Saint-Laurent, a parcouru près de 11 000 hectares. Plus d’un millier d’hectares de vignes ont été touchés. Et contrairement à l’image traditionnelle de la vigne comme barrière naturelle contre les flammes, certaines parcelles ont été totalement détruites.

On en parle toujours comme des très bons pare-feux”, rappelle Antoine Gerbelle.
Ce qui est le cas”, répond Alexandre They, avant de souligner l’exceptionnalité du sinistre : “Vu le gigantisme de ce qu’on a appelé l’ogre des Corbières, certaines ont été complètement calcinées.”

Le feu, parti du massif de Ribot et Saint-Laurent, a parcouru près de 11 000 hectares.
@DR
Le feu, parti du massif de Ribot et Saint-Laurent, a parcouru près de 11 000 hectares.

Des raisins impropres à la vinification

Au-delà des ceps brûlés, c’est un autre phénomène qui a profondément marqué les vignerons : l’impact des fumées sur les raisins.
Des parcelles sont restées des heures sous un épais nuage toxique. Résultat : des raisins imprégnés de goûts de fumée, rendant les vins impropres à la commercialisation.

Certaines parcelles sont restées tellement longtemps sous cette fumée que très rapidement, la totalité de la production a été écartée”, explique Alexandre They. Des essais de vinification ont bien été menés sur les zones les moins exposées. “Pour certaines, ils ont été positifs dans de très rares cas. Mais pour la grande majorité, le goût de fumée était beaucoup trop marqué.”
Une réalité brutale pour des domaines déjà fragilisés par la crise économique du vin.

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