Durée de l'entretien : 7 mn
Alexandre They, président des Vignerons indépendants d’Occitanie, revient sur ce qu’il décrit comme un événement “inédit”, un incendie désormais surnommé “l’ogre des Corbières”.
Le feu, parti du massif de Ribot et Saint-Laurent, a parcouru près de 11 000 hectares. Plus d’un millier d’hectares de vignes ont été touchés. Et contrairement à l’image traditionnelle de la vigne comme barrière naturelle contre les flammes, certaines parcelles ont été totalement détruites.
“On en parle toujours comme des très bons pare-feux”, rappelle Antoine Gerbelle.
“Ce qui est le cas”, répond Alexandre They, avant de souligner l’exceptionnalité du sinistre : “Vu le gigantisme de ce qu’on a appelé l’ogre des Corbières, certaines ont été complètement calcinées.”
Des raisins impropres à la vinification
Au-delà des ceps brûlés, c’est un autre phénomène qui a profondément marqué les vignerons : l’impact des fumées sur les raisins.
Des parcelles sont restées des heures sous un épais nuage toxique. Résultat : des raisins imprégnés de goûts de fumée, rendant les vins impropres à la commercialisation.
“Certaines parcelles sont restées tellement longtemps sous cette fumée que très rapidement, la totalité de la production a été écartée”, explique Alexandre They. Des essais de vinification ont bien été menés sur les zones les moins exposées. “Pour certaines, ils ont été positifs dans de très rares cas. Mais pour la grande majorité, le goût de fumée était beaucoup trop marqué.”
Une réalité brutale pour des domaines déjà fragilisés par la crise économique du vin.
“Le travail d’une vie parti en fumée”
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