Fitou intérieur : identité, fraîcheur et lignes de fracture Abonnés
Le 5 mai 2026
Territoire discret mais stratégique de l’appellation, le Fitou intérieur — ou montagnard — révèle aujourd’hui une dynamique contrastée. Entre socle historique languedocien, dominé par le carignan et le grenache, et évolution vers des profils plus frais, plus lisibles, souvent marqués par la syrah ou des extractions plus mesurées, ces vins interrogent leur propre identité. À la croisée des chemins, et dans une proximité assumée avec les Corbières, cette dégustation met en lumière une appellation en pleine redéfinition stylistique.

Durée de la vidéo : 

Il y a des appellations qui racontent une histoire linéaire, presque évidente. Et puis il y a Fitou. Une anomalie géographique, une curiosité administrative, une singularité presque déroutante dans le paysage viticole français. Antoine Gerbelle le rappelle avec justesse :

« Appellation bicéphale unique en France, deux territoires qui ne se touchent pas, vraiment séparés. »

Deux mondes, donc. Le Fitou maritime, déjà exploré. Et ce Fitou montagnard, plus discret, plus intérieur, plus élevé aussi. Ici, l’altitude s’invite dans le verre, apportant cette fraîcheur qui intrigue les dégustateurs :

« Mais qu'est-ce qui sépare véritablement ce Fitou de la montagne ? »

La question reste ouverte, d’autant que le territoire flirte généreusement avec son voisin immédiat, les Corbières. La frontière stylistique est ténue, presque poreuse.

« Corbières est vraiment le cousin et d'ailleurs Fitou pourrait peut-être même être une supercommunale de l'appellation Corbières. »

Provocation ? Peut-être. Mais elle dit bien l’enjeu identitaire d’une appellation historique, traversée par des influences multiples et parfois inattendues. Car ici, au détour d’une parcelle, on peut même croiser… du riesling.

« Moi, j'ai goûté dans ces coins-là des rieslings de dingue. »

Mais revenons au cœur du sujet : les rouges. Et dès les premiers verres, une évidence s’impose avec le Château de Nouvel. Une référence, presque une mémoire vivante du Fitou.

« C'est vraiment le domaine par lequel, j'avoue, j'ai pris mes plus grands plaisirs de dégustation. »

Des vins qui vieillissent, qui traversent le temps avec une élégance rare :

« À la fois une très grande puissance et d'une super délicatesse de tanin. »

La cuvée Augusta incarne cette évolution douce vers une modernité assumée. Carignan, grenache… et désormais la syrah, qui étire le vin, allonge la finale, affine le profil.

« La syrah amène...

Contenu réservé aux abonnés

64 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter

Vous aimerez aussi