Xavier Thuizat : “Le vin bio libère une émotion que le conventionnel n’atteint pas” Abonnés
Le 9 avril 2026
À 40 ans, le Meilleur sommelier de France (2022) revient sur son actualité, sa vision du métier et son engagement croissant pour les vins bio. Entre stratégie, transmission et quête d’émotion, le MOF esquisse, dans les allées du salon Millésime Bio 2026 (Montpellier), les contours d’une sommellerie moderne, connectée au vivant. Le vin bio, loin d’être une simple tendance, s’impose pour lui comme une évidence : celle d’un vin plus expressif, plus engagé et plus en phase avec son époque.

Durée de l'entretien : 15 mn

Après avoir marqué les esprits à l’Hôtel de Crillon, Xavier Thuizat entame une nouvelle phase de sa carrière. Désormais, son activité se structure autour de trois piliers.

D’abord, sa cave située rue du Faubourg Saint-Honoré, pensée comme un espace vivant où il met en scène ses découvertes de vignerons. Ensuite, Grapille, un bar à vin niché dans un hôtel particulier parisien, où il propose une sélection évolutive de vins au verre, mêlant icônes, découvertes et grands classiques. Enfin, sa structure de conseil, dédiée aux professionnels comme aux particuliers, lui permet de transmettre son expertise acquise en 25 ans dans l’hôtellerie de luxe.
À travers ces projets, il revendique une approche globale du vin : sélection, narration, transmission et stratégie.

Le bio fut une révélation progressive pour Xavier Thuziat
@tellementsoif
Le bio fut une révélation progressive pour Xavier Thuziat

Créer du lien entre le vin et le marché
Au-delà de la sélection, Xavier Thuizat insiste sur un point souvent négligé : ce qui se passe après la mise en bouteille.
Selon lui, de nombreux vignerons excellent dans la production mais peinent à valoriser leurs vins sur le marché. Son rôle consiste alors à créer un pont entre le domaine et les sommeliers, en structurant un récit capable de porter ces vins jusqu’au consommateur.

Cette vision dépasse la simple dégustation : elle inscrit le sommelier comme un véritable médiateur culturel et économique.

Le bio, une révélation progressive
Contrairement à une idée répandue, son engagement pour les vins biologiques n’a pas été immédiat. Il s’est construit avec le temps, au fil des rencontres et des dégustations.
Ce qui l’a convaincu, c’est avant tout une évidence sensorielle et philosophique :
respecter la nature engendre une qualité différente, une intensité particulière.
L'enfant de Meursault évoque une relation presque contractuelle avec le vivant :
donner à la...

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