Durée de l'entretien : 10 mn.
Le vin souffre-t-il simplement d'une crise économique ? Ou bien assiste-t-on à la fin d'un modèle qui paraissait immuable ?
La baisse de consommation est désormais documentée. Les vins rouges, longtemps colonne vertébrale du vignoble français, sont les premiers touchés. Les raisons sont nombreuses : inflation, pouvoir d'achat, tensions internationales, aléas climatiques. Mais est-ce suffisant pour expliquer l'ampleur du phénomène ?
Pour Alexandre They, ces explications ne racontent qu'une partie de l'histoire.
« Oui, il y a une crise conjoncturelle... mais il y a aussi quelque chose de structurel. On arrive à un changement de cycle, à un changement sociétal. »
Le mot mérite qu'on s'y arrête. Un changement de cycle ne se résorbe pas avec une meilleure récolte ou un redémarrage de la consommation. Il oblige à repenser la manière même de parler du vin.
Pourquoi tout semble-t-il basculer si vite ?
Les producteurs ont déjà connu des crises. Pourquoi celle-ci paraît-elle différente ?
Parce que, selon Alexandre They, tous les marchés évoluent désormais presque au même rythme.
« La consommation se mondialise. Les goûts se mondialisent. Les écarts entre les continents s'estompent progressivement. »
Autrefois, un marché pouvait compenser les difficultés d'un autre. Aujourd'hui, les mêmes tendances apparaissent simultanément en France, en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie.
Le temps d'adaptation, lui, ne suit pas.
Même les petites exploitations, réputées plus souples, peinent à absorber une évolution aussi rapide.
Le vin est-il devenu un symbole plus qu'un produit ?
La consommation baisse. Mais le rejet porte-t-il réellement sur le vin ou sur ce qu'il représente ?
Le mot revient désormais partout : healthy.
Alexandre They y voit moins une remise en cause du produit qu'une transformation de son image.
« Le consommateur recherche quelque chose de plus healthy et...
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