
En théorie, une petite récolte devrait détendre les marchés. Moins de raisins, moins de vin, des stocks qui s’allègent et, à terme, des cours qui remontent. En Australie, l’équation ne fonctionne plus.
La vendange australienne 2026 s’établit à 1,27 million de tonnes (1), soit une baisse de 19 % par rapport à 2025 et de 25 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Il faut remonter à l’année 2000 pour retrouver un volume aussi faible. L’écart représente quelque 300 000 tonnes de raisins, ou l’équivalent annoncé de 33 millions de caisses de neuf litres.
Les accidents climatiques — notamment des inondations dans les régions intérieures — ont pesé sur les rendements. Mais Wine Australia ne cherche pas à dissimuler l’essentiel derrière la météo. Cette petite récolte constitue aussi un ajustement volontaire à la faiblesse de la demande.
« La principale cause de cette baisse de la production est un ajustement délibéré en réponse à l’évolution des conditions du marché », explique Peter Bailey, responsable des études de marché de Wine Australia. Quatre vendanges australiennes consécutives se situent désormais sous la moyenne de long terme.
Une pénurie de raisins, mais toujours pas d’acheteurs
Le chiffre le plus inquiétant n’est donc pas celui de la récolte. C’est celui du prix.
En 2026, la valeur moyenne des raisins achetés en Australie recule encore de 6 %, à 570 dollars australiens la tonne. La baisse touche à la fois les régions chaudes de l’intérieur et les zones tempérées, les cépages rouges comme les blancs.
Autrement dit, même une vendange amputée d’un cinquième ne suffit pas à recréer de la tension sur la matière première.
« Les prix du raisin n’ont pas progressé, ce qui laisse penser que la demande reste très faible », reconnaît Peter Bailey. Il juge particulièrement préoccupante...
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