« Leucate, c’est évidemment les huîtres… mais c’est aussi le vin », sourit-il. Car dès que l’on s’éloigne de la mer, la vigne prend le relais. Alain Gleize le sait bien : il exploite 41 hectares de vignes avec son fils et appartient à la cave coopérative de Leucate. Depuis peu, il préside aussi l’appellation Fitou.
Une appellation historique du Languedoc
Fitou peut se prévaloir d’une place particulière dans l’histoire viticole française.
« Fitou est la plus ancienne appellation rouge du Languedoc-Roussillon », rappelle Alain Gleize. « Elle a été reconnue en avril 1948, quelques mois avant Bandol. »
À l’époque, seules quelques appellations existent dans la région. La guerre a interrompu le processus de reconnaissance des AOC. Certaines zones produisent déjà des vins réputés — notamment les vins doux naturels comme Rivesaltes, reconnus dès 1936 — mais les appellations de vins tranquilles restent rares.
Fitou s’impose alors comme l’une des références du vignoble languedocien.
Deux Fitou pour une seule identité
La singularité de l’appellation réside dans sa géographie. Fitou possède deux visages, deux terroirs distincts qui cohabitent sous une même bannière.
Le premier s’étend sur le littoral. Ici, les vignes poussent sur des terrasses quaternaires de galets roulés, mêlés d’argiles et de calcaires. Les galets, parfois épais de plusieurs dizaines de mètres, emmagasinent la chaleur et structurent les vins.
Le second terroir se situe dans les Hautes Corbières, sur des sols majoritairement schisteux, autour du massif du Montauch. L’altitude y atteint parfois 360 mètres, et le relief protège partiellement les vignes des vents du nord tout en laissant passer les influences maritimes.
« À ma connaissance, Fitou est la seule appellation...
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