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Date de dégorgement, une valse à trois temps Gratuit
Le 25 septembre 2026
Trois bouteilles de Première Cuvée du Champagne Bruno Paillard, trois dates de dégorgement, trois âges du même vin. Avec Alice Paillard (Rencontre 3/5), une dégustation verticale d’un genre particulier : non pas des millésimes, mais le temps qui passe après le dégorgement. « La date de dégorgement, c’est la liberté de décision du dégustateur. » Et une question simple : pourquoi le champagne devrait-il toujours être bu jeune ?

Durée de l'entretien : 15 mn

Devant nous, un dégorgement de septembre 2025, un autre de juin 2021, un troisième de janvier 2018. La comparaison est rare. Presque un petit laboratoire posé sur la table. Alice Paillard sourit : « C’est un grand luxe de pouvoir visiter ce vin dans le temps d’un seul coup. »

Retour vers le futur

Le principe paraît simple : partir d’une même architecture de vin et observer ce qui se passe après le dégorgement. Les trois bouteilles reposent sur la même ossature : 45 % de pinot noir, 33 % de chardonnay, 22 % de meunier. Même philosophie d’élevage, même présence mesurée du bois, jamais neuf. Mais les années de base changent, les crus retenus aussi, les proportions de vins de réserve varient. Le vin n’est donc jamais une photocopie.

« Ce qui est important, c’est quel pinot, quel chardonnay, quel meunier. »

La Première Cuvée s’appuie aussi sur une réserve perpétuelle commencée en 1985. Chaque année vient rejoindre les précédentes. Une goutte de 1985, davantage de 1986, de 1987, puis toutes celles qui suivent : « C’est comme une pyramide inversée », explique Alice Paillard. Selon les années, les vins de réserve peuvent représenter de 25 % à plus de 50 % de l’assemblage.

La contre-étiquette comme machine à remonter le temps

Pourquoi Bruno Paillard a-t-il très tôt décidé d’inscrire la date de dégorgement sur ses bouteilles ? Pour rendre visible ce que l’étiquette cachait.
@Tellementsoitv
Pourquoi Bruno Paillard a-t-il très tôt décidé d’inscrire la date de dégorgement sur ses bouteilles ? Pour rendre visible ce que l’étiquette cachait.

Alice donne l’exemple le plus simple. Au restaurant, quatre amis commandent une bouteille. Elle plaît. Ils en commandent une seconde. Même étiquette, même cuvée — et pourtant le vin semble différent. Faut-il accuser le producteur d’inconstance ? Pas forcément. Les deux bouteilles peuvent venir de dégorgements éloignés de plusieurs années.

« La date de dégorgement, c’est la...

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