Le goût avant les discours
Les vieilles maisons aiment raconter leur histoire. Elles ont souvent de grandes malles pleines d'archives, des portraits d'ancêtres et quelques légendes soigneusement entretenues. Chez Devaux, nous avons déjà ouvert ces malles. Dans un précédent entretien, Pascal Dubois, directeur général de l'Union Auboise, a retracé l'étonnante odyssée de cette maison champenoise née d'une famille jurassienne, sauvée du déclin par une union de vignerons aubois.
Aujourd'hui, changement de décor. Cédric Mer, arrivé chez Devaux le 1er avril 2002 — « un poisson d'avril pour le président de l'époque ! » — nous entraîne dans une aventure moins historique, mais tout aussi mouvementée : celle des cuvées qui ont construit la nouvelle réputation de Devaux. Car en Champagne, il ne suffit pas de posséder un territoire. Encore faut-il parvenir à lui donner un goût et un nom.
Cœur des Bar, le coup de poker
Il fallait oser. Au milieu des années 1990, Devaux avait déjà lancé un blanc de noirs, avant de le laisser quelque peu sommeiller. Vingt ans plus tard, lors de l'élaboration du plan stratégique de 2015, une idée s'impose : donner à la Côte des Bar une cuvée emblématique, accessible et immédiatement identifiable.
Le nom surgit : Cœur des Bar. Une évidence géographique, un petit risque juridique. « On s'est dit qu'on allait peut-être se faire attraper par la patrouille ! » s'amuse Cédric Mer. La proximité avec Côte des Bar pouvait prêter à discussion. « On a osé, on l'a fait, on ne s'est pas fait rattraper. »
Et le succès dépasse les espérances. L'objectif initial était de 100 000 bouteilles à l'horizon 2025. La cuvée a franchi les 200...
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