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Champagne Devaux : 180 ans, le luxe du collectif Gratuit
Le 5 octobre 2026
Une maison née dans le Jura au XIXème sècle, passée par Épernay et sauvée par des vignerons aubois en 1987 : Devaux a connu trois veuves, des guerres, le déclin et une seconde naissance. Pour ses 180 ans (1846-2026), Pascal Dubois, directeur général de l’Union Auboise, propriétaire de la marque, retrace l'histoire de ce champagne original qui fait briller la Côte des Bar, le temps long et le collectif plutôt que le clinquant. Entretien Devaux (2/3).

Durée de l'entretien : 19 mn.

Huit cents personnes sous les arbres

Pour fêter 180 ans, Devaux n’a pas choisi le tête-à-tête. Fin juin, le parc du Manoir de Bar-sur-Seine accueille environ 800 personnes. Des vignerons. Des adhérents. Des partenaires. Des amis. « Tous ceux qui comptent dans la grande famille Devaux », résume Pascal Dubois.

Le mot « famille » reviendra souvent. Il pourrait sembler convenu. Il l’est moins lorsqu’on connaît l’actionnariat : la Maison appartient aujourd’hui aux vignerons de l’Union Auboise. Un champagne de marque possédé par ceux qui fournissent les raisins : le décor est planté.

Avant l’Aube, le Jura

Devaux n’est pourtant pas né ici. L’histoire commence dans le Jura, autour de Château-Chalon. Une famille de négociants et d’élaborateurs maîtrise déjà les vins effervescents lorsqu’elle décide, au milieu du XIXe siècle, de tenter l’aventure champenoise.

« Il faut se remettre dans le contexte : 1846. Aller en Champagne, créer une maison de toutes pièces, investir… C’était une ambition un peu folle. »

La filiale champenoise passe d’abord par Dizy, puis Épernay. Antoine Gerbelle glisse l’image : la Champagne des années 1840-1850 ressemble à une Silicon Valley avant l’heure. Les techniques s’inventent, les assemblages se précisent, les maisons cherchent leur modèle. Rien n’est encore figé.

Trois veuves et beaucoup de résistance

Chez Devaux, l’histoire se conjugue aussi au féminin. Trois veuves prennent successivement la direction de la Maison : Josephte Françoise Devaux, Augusta-Maria Herbin, puis Marguerite Marie-Louise, née Hussenot.

« Il faut quand même saluer le courage de ces femmes à la tête des maisons champenoises. »

Elles traversent un siècle où les guerres ne manquent pas. La Maison grandit, exporte, acquiert une vraie notoriété. Dans les années 1930, elle dépasse les 300 000 bouteilles.  L'équivalent de 3 millions de bouteilles aujourd'hui. Puis la courbe s’inverse.

Dans les années 1930, la maison dépasse les 300 000 bouteilles.  L'équivalent de 3 millions de bouteilles aujourd'hui.
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