Clos du Gravillas : le Minervois salin du terroir de Cazelle Abonnés
Le 8 juin 2026
Sur le plateau de Cazelles, au Clos du Gravillas, Nicole Bojanowski cultive une idée très personnelle du Minervois : des blancs assumés, des rouges soyeux, des muscats salins, des figuiers, des grenadiers, des plaqueminiers au milieu des vignes et une conviction simple — le paysage finit toujours par entrer dans le verre.

Durée de l'entretien : 11 mn.

Il y a des arrivées au domaine qui ressemblent à des mises en scène. Une table, quelques fruits, une bouteille qui traîne — pas pour le petit déjeuner, précise aussitôt Nicole Bojanowski — et, autour, ce décor minéral du Minervois qui semble avoir été taillé pour parler de vin. Antoine Gerbelle la retrouve au Clos du Gravillas, sur ce plateau de Cazelles que la vigneronne défend avec une fidélité presque amoureuse. 

Le terroir de Cazelles s'étend sur 2 communes (Aigues-Vives Agel), 120 ha de vignes en production d’appellation et compte 9 caves et domaines engagés.
@ Syndicat des vins du Minervois
Le terroir de Cazelles s'étend sur 2 communes (Aigues-Vives Agel), 120 ha de vignes en production d’appellation et compte 9 caves et domaines engagés.

Cazelles, ici, n’est pas un mot posé sur une carte. C’est un relief, une lumière, une manière d’être. « C’est très facile à délimiter », explique Nicole Bojanowski. « On s’est vite reconnus entre nous parce qu’on partageait ce petit paysage, ce petit plateau. » Le lieu couvre environ 300 hectares, dont 150 hectares de vignes. Un balcon calcaire, rocailleux, plus intime que spectaculaire, mais suffisamment singulier pour que les vignerons du secteur veuillent aujourd’hui faire reconnaître ce nom dans le paysage des dénominations géographiques du Minervois. Nicole Bojanowski, elle, n’a jamais eu besoin d’un décret pour y croire. « Mon coup de cœur, c’était vraiment ici, c’était Cazelles », raconte-t-elle. Et de résumer d’une formule qui dit tout de son rapport au lieu : « C’était les cailloux. Je cherchais des cailloux. » Arrivée en 1999 avec John, son compagnon, elle fait partie de cette génération qui a cru au Languedoc quand il fallait encore convaincre, vendre du Minervois quand le mot ne faisait pas toujours rêver, et défendre le carignan quand il n’était pas encore redevenu fréquentable. Le Clos du Gravillas s’est d’ailleurs construit sur cette audace. « Au...

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