Durée de l'entretien : 17 mn.
Sa mère cuisinait ; son père travaillait aux champs et s’occupait des animaux. Les foins, les voisins qui viennent aider, les tablées qu’il faut nourrir : le décor est posé. À la maison, il y a aussi des vignes, un cuvage et les cuves coniques dans lesquelles son père descend pendant les vendanges. « Il faisait son pigeage. Ma mère allait surveiller pour qu’il n’y ait pas d’accident. »
Le vin est là, dans les gestes et les odeurs. Mais pas encore dans les projets. « Ça n’a pas été la vocation de dire : on va aller dans cette orientation-là. Elle est venue après. » Après l’école hôtelière, les premières maisons, étoilées ou non, le métier de traiteur et une dizaine d’années de restauration. Le vin, lui aussi, se découvre par étapes : d’abord l’étiquette, la notoriété, les bouteilles qu’on garde en souvenir ; puis les premiers salaires, les achats, les goûts qui se précisent. « On a commencé à savoir ce qu’on aimait, ce qu’on aimait moins. »
Les copains, les sécateurs et la coopérative
La vigne familiale, pourtant, avait presque disparu du quotidien. Après la mort de leur père, alors que les enfants sont adolescents, les parcelles sont mises en location et les raisins partent à la cave coopérative. Leur mère conserve l’élevage jusqu’à la retraite. Le frère se tourne vers la mécanique ; Jean-Claude, vers la cuisine.
Puis vient le jour où la personne qui travaille encore les vignes annonce son départ à la retraite. Qui va reprendre ? Au début, la réponse tient dans une bande de copains, des sécateurs achetés et une journée de vendanges. « Les deux hectares, on les vendangeait en une journée. On était cinquante copains. » Une bacchanale, suggère l’intervieweur. « C’était quelque chose...
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