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« Tout ce que vous voyez, les bois autour, il y a 150 ans, ce n’était que de la vigne », raconte Loïc Chèze, vice-président de la cave coopérative de Trelins, aujourd’hui intégrée à Agamy. « Sous le château, la montagne en face, entre nous et Boën-sur-Lignon, c’était planté partout. »
Le décor dit déjà beaucoup des Côtes du Forez : un vignoble encaissé, escarpé, presque secret, installé sur les premiers contreforts du Massif central, entre la plaine du Forez et les reliefs volcaniques. Longtemps, la vigne y fut une culture de subsistance. « Les papiers les plus vieux qu’on a retrouvés datent des années 1600 », précise le vigneron. À l’époque, les parcelles sont minuscules, travaillées à la main, « plantées comme dans les crus du Beaujolais, à un mètre par un mètre », avec des raisins remontés « à dos d’homme ou avec les mules ».
Le vignoble moderne naît véritablement avec la création de la cave coopérative en 1959. Une aventure collective portée notamment par le grand-père de Loïc Chèze.
« Ici, ce n’étaient pas des vins de château. C’était du vin de consommation courante pour le bassin ouvrier. » Les tonneaux descendaient alors vers les cafés des zones sidérurgiques de la Loire. L’objectif de la coopérative était clair : investir dans l’embouteillage pour faire sortir les vins du Forez de leur seul marché local.
Aujourd’hui, Agamy rassemble plusieurs caves du Beaujolais et...
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