Durée de l'entretien : 20 mn.
Il y a des vocations qui commencent par un grand dessein. Celle de Gilles Bonnefoy débute plus simplement : quelques vignes, des copains, un peu de défrichage et quelques bringues.
Nous sommes en 1997. G. Bonnefoy travaille encore dans le commerce du vin, chez Veuve Clicquot, au sein du groupe LVMH. Il est du pays, connaît des propriétaires dans son village et reprend deux petites parcelles.
« L’une était encore taillée, exploitée, l’autre était déjà en friche. Ça a été, avec les potes du village, l’occasion de faire quelques bringues autour du défrichement. »
Première vinification sur 2 000 m². Rien qui ressemble encore à un domaine. Et pourtant.
Le Forez ? « Un pari un peu fou »
À la fin des années 1990, le paysage viticole n’a rien de celui que nous connaissons aujourd’hui. Le gamay traverse une mauvaise passe. Les petites appellations ne font rêver ni les acheteurs ni les prescripteurs. Quant aux Côtes du Forez, elles sortent progressivement d’un modèle presque exclusivement coopératif. Pourquoi se lancer là ?
Certainement pas parce qu’un commercial avisé aurait décelé avant les autres une formidable niche de marché.
« Honnêtement, ce n’est pas mon boulot de commercial qui m’a fait dire : “Il faut y aller là-dedans.” C’est presque l’inverse. C’était vraiment, au départ, un pari un peu fou. »
Aujourd’hui, les sommeliers recherchent les vignobles minuscules, les cépages oubliés, les sols improbables et les histoires que personne ne racontait vingt ans auparavant. À l’époque, cette marginalité n’est pas un argument. C’est un handicap. « On était dans le dur du dur. »
Gilles Bonnefoy devient le quatrième vigneron indépendant du Forez. Lui ne passera jamais par la coopérative.
Puis survient...
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