Durée de l'entretien : 12 mn.
Une bouteille comme drapeau
Il suffit parfois d’une bouteille pour faire remonter une appellation entière. Antoine Gerbelle la reconnaît immédiatement dans la cave : la "Tuxitan".
Jean-Rémy Daurat-Fort sourit. « C’était une identité. » Son grand-père, engagé dans l’aventure qui mène à la reconnaissance de Fitou en 1948, en aurait dessiné la forme. Pendant des décennies, la silhouette devient un signe de reconnaissance chez les cavistes et sur les tables.
Puis le moule vieillit. En 2006, les verriers ne veulent plus poursuivre. Fin de l’objet. « On a perdu un petit peu cette image », reconnaît Jean-Rémy.
Une histoire de verre ? Pas seulement. Une appellation discrète sait ce que vaut un signe que l’on reconnaît à dix mètres.
La modernité n’efface pas les anciens
Jean-Rémy arrive au domaine au début des années 2000. Son père travaille encore, son grand-père est là. La transmission ne ressemble pas à un passage de relais brutal. « On partage l’expérience des anciens. Nous, on arrive avec une fraîcheur et des nouveautés. »
Chacun ajoute sa pierre. Et les vins bougent.
La vieille bouteille laisse place à une bourguignonne jugée plus élégante. L’unique rouge historique se démultiplie en gamme. Mais la vraie évolution n’est pas cosmétique : Jean-Rémy commence à découper ses vins par terroirs et surtout par âge de vigne. 75 hectares certifié en agriculture biologique.
Cinq âges pour raconter Fitou
Moins de vingt ans. Vingt à quarante. Quarante à soixante. Soixante à quatre-vingts. Puis les parcelles centenaires.
Le principe est presque scolaire, mais il permet de sortir d’une image unique du Fitou massif et concentré.
Les jeunes...
Contenu réservé aux abonnés
64 % de ce contenu restent à découvrir !
Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.






