Durée de l'entretien : 9 mn.
Le soleil est déjà haut. Nous sommes le 9 octobre 2025, au-dessus de Minerve. Dans les vignes, les vendangeurs coupent encore du grenache. Les raisins sont beaux, sains. débardeur de rigueur. Rien ne ressemble vraiment à l’image d’un millésime brûlé par l’été.
Quelques semaines plus tôt pourtant, la canicule, déjà, faisait craindre une vendange lancée à toute vitesse. Ici, on a attendu.
Et c’est peut-être par là qu’il faut commencer.
« Il faut savoir laisser faire la nature »
Le Minervois est vaste. Très vaste. Trop vaste parfois pour qu’on puisse parler de lui au singulier. Autour de Minerve, le paysage se casse, grimpe, plonge, se couvre de bois puis laisse soudain apparaître une vigne.
Comment définir ce secteur à quelqu’un qui arrive ?
« On a beaucoup de chance d’être dans une zone très variée. On va retrouver des coteaux, des plaines, des zones assez boisées, des causses, des vignes qui sont perdues au milieu. C’est vraiment un territoire très varié et qui va nous permettre à chaque fois d’avoir des choses totalement différentes. »
Tout est là : la diversité avant la recette.
Au Domaine Vordy, les rouges reposent sur syrah, grenache, carignan et mourvèdre ; les blancs sur roussanne, grenache blanc et marsanne. Pas de course aux cépages "exotiques". Thibaut Vordy revendique au contraire ceux « du coin », adaptés au lieu et, autant que possible, aux nouveaux accidents climatiques.
Mais comment décide-t-on qu’ici sera planté un grenache, là un carignan ou un blanc ? Le calcaire ? L’exposition ? Le vent ? Une savante cartographie ? La réponse déroute un peu.
« Moi, je pars plutôt du principe qu’il faut un peu laisser faire les choses. On a beaucoup...
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