Durée de l'entretien : 14 mn.
— Vous avez repris le vignoble comme ça ?
« En partie. » Mais Lionel Audoin a rapidement imprimé sa manière. Sur les nouvelles plantations, le principe est simple : gobelet, échalas, pas de rognage. « L’idée, c’est vraiment de laisser pousser et donc d’attacher. »
À Villedieu, la vigne retrouve quelque chose de sa nature première : une liane. L. Audoin envisage même d’aller plus loin, de monter davantage les piquets, d’essayer la treille, voire de laisser certaines vignes s’appuyer sur les arbres conservés dans les parcelles. Un retour, en quelque sorte, aux anciennes joualles.
À la romaine ?
Pourquoi pas. Le projet est encore expérimental. Mais la direction est claire : moins contraindre la végétation et observer ce qu’elle raconte.
Quatre hectares et pas de vin à prix astronomique
Le domaine reste minuscule. Quatre hectares et quelques, dit-il aujourd’hui. Et il y a une raison très concrète : Lionel Audoin est toujours professeur de philosophie à Carpentras.
Deux métiers à la fois, ce n’est pas trop ?
« Des fois, on se dit qu’on risque de faire mal l’une et l’autre, mais en même temps, ça permet de voir d’autres horizons et puis d’enrichir les deux pratiques. » L’économie impose aussi ses limites. Agrandir, embaucher, mécaniser davantage, monter les prix ? Il ne semble guère séduit par l’équation.
« Des bouteilles que personne ne peut se payer, je ne vois pas l’intérêt de mettre des prix astronomiques. » La philosophie attendra le deuxième épisode. Ici, pour l’instant, le sujet est dans le verre.
Pourquoi vendre encore un 2020 ? C’est d’ailleurs ce qui nous a conduits...
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