Le fût, le fric et le vin : les liaisons dangereuses de la tonnellerie
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Le 28 octobre 2026
Les tonneliers français réclament des subventions pour les barriques neuves. Mais la faillite retentissante d'H&A, géant du financement des fûts, et le lancement d'un marché de "seconde main" par Seguin Moreau bousculent leur modèle économique. Entre amour du vin, culte du bois et intérêts bien compris, faut-il repenser un mariage parfois trop consanguin ?



Depuis des siècles, ils partagent tout. Les chais, les vendanges, les grandes ambitions et parfois les mauvaises affaires. Vignerons et tonneliers constituent l'un des couples les plus fidèles du monde du vin. L'un produit, l'autre élève. L'un cultive son terroir, l'autre chauffe ses douelles. Un mariage de raison devenu, avec le temps, une histoire d'amour. Au point que les intérêts des deux professions semblent parfois indissociables.

Mais voilà que le mariage grince. Et pas seulement dans les cercles de fer.

Quand le vin tousse, le tonneau s'enrhume

Selon les dernières estimations du ministère de l'Agriculture, la production française de vin atteindrait seulement 34,9 millions d'hectolitres en 2026, soit 14 % sous la moyenne des cinq dernières années. La sécheresse, les fortes chaleurs et les arrachages réduisent les volumes. Quant à la consommation, elle poursuit sa transformation, particulièrement au détriment des vins rouges.

Résultat : les tonneliers encaissent le contrecoup. Sur l'exercice 2025-2026, les 67 entreprises adhérentes à leur Fédération ont vendu 485 871 fûts, soit une chute de 14 %. Leur chiffre d'affaires a reculé de 11,7 %, à 471 millions d'euros.

Une deuxième année de baisse. Et une vraie menace pour une profession d'excellence, dont les savoir-faire, les emplois et les exportations constituent un patrimoine industriel français remarquable.

Dans un communiqué récent, la Fédération des Tonneliers de France tire donc la sonnette d'alarme. Elle regrette que les aides de FranceAgriMer privilégient les grands contenants en bois, les foudres et les cuves d'au moins 10 hectolitres, tandis que les petites barriques neuves restent exclues du dispositif concerné.

L'Italie et l'Espagne, assure-t-elle, soutiendraient davantage leurs vignerons en ouvrant certaines aides à toutes les contenances, y compris les fûts.

L'argument mérite discussion. Les règlements ne sont pas identiques d'un pays à l'autre et les aides étrangères restent soumises à des conditions particulières....

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