Vignobles en difficulté : pourquoi de plus en plus de domaines sont vendus… en morceaux
Vignobles en difficulté : pourquoi de plus en plus de domaines sont vendus… en morceaux Abonnés
Le 23 mars 2026
Le rêve de posséder un domaine viticole fait toujours vibrer. Mais en 2026, derrière les cartes postales de vignes dorées et de chais centenaires, la réalité est bien différente : vendre un vignoble est devenu un véritable casse-tête. Et pour certains propriétaires, une solution inattendue s’impose désormais — découper leur domaine pour mieux le vendre.

Un marché qui se grippe… sauf pour quelques élus
Tous les vignobles ne sont pas logés à la même enseigne. Aujourd’hui, le marché fonctionne à deux vitesses.

D’un côté, les domaines prestigieux — en Bourgogne, en Champagne ou dans certains crus iconiques — continuent d’attirer des acheteurs, souvent internationaux. Même chose pour les propriétés de petite taille, plus accessibles et plus faciles à exploiter.

Mais pour la majorité des domaines, la situation est bien différente. Selon les professionnels du secteur, près de 80 % des propriétés viticoles peinent à trouver preneur. Les exploitations “moyennes”, autour de 20 à 40 hectares, sont les plus touchées : trop grandes pour les particuliers, pas assez rentables pour les investisseurs.

Derrière la crise, un changement profond du rapport au vin
Ce ralentissement ne sort pas de nulle part. Il reflète une transformation profonde du marché du vin.

  • Les Français boivent beaucoup moins qu’avant : la consommation a été divisée par trois en 60 ans (source : Organisation Internationale de la Vigne et du Vin).
  • À l’échelle mondiale, la consommation est elle aussi en recul, atteignant récemment un niveau historiquement bas.
  • Les jeunes générations consomment différemment : moins souvent, mais avec plus d’exigence — ou se tournent vers d’autres boissons.

À cela s’ajoute une autre difficulté : le vin français s’exporte moins bien qu’avant, notamment vers la Chine, un marché qui s’est fortement contracté depuis quelques années.

Trop de vin, pas assez d’acheteurs
Dans certaines régions, le problème est encore plus concret : il y a tout simplement trop de vin.
Dans le Bordelais, par exemple :

  • des millions d’hectolitres ont été orientés vers la distillation de crise,
  • des milliers d’hectares de vignes sont en cours d’arrachage.

Pendant ce temps, les coûts explosent (bouteilles, énergie, transport), et les taux d’intérêt élevés rendent les...

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