2016/2026 : Chronique d’un pouvoir qui se partage (dans les verres)
2016/2026 : Chronique d’un pouvoir qui se partage (dans les verres) Abonnés
Le 25 mars 2026
En une décennie, le rapport des Français aux boissons alcoolisées a profondément changé. C’est ce que révèle le Baromètre SOWINE / Dynata 2026, dont la comparaison avec l’édition 2016 met en évidence une transformation structurelle : moins de traditions, plus de liberté, et un consommateur désormais guidé par l’expérience.
Baromètre Sowine 2016

Le vin est encore au pouvoir. Disons plutôt : il est toujours en place, mais la majorité devient relative.
À 52 %, il conserve le fauteuil. La bière, juste derrière, fait office d’opposition sérieuse, prête à déposer des amendements. Le champagne, lui, garde son rôle d’apparat : on le convoque pour les grandes occasions, il ne gouverne pas au quotidien mais il sait faire lever l’assemblée. Sur le papier, la République des boissons ne tremble pas. En séance, pourtant, ça bruisse.

Car les bancs se fragmentent. Les vins effervescents gagnent des sièges à vitesse inattendue. Les cocktails forment un groupe de pression très actif, surtout chez les plus jeunes, où ils arrivent en tête — presque une coalition nouvelle. Même les no-low, longtemps relégués dans les commissions secondaires, prennent la parole avec plus d’assurance.

Le vin, lui, reste central. Mais il ne fait plus la loi seul.
Ce qui change, c’est le régime. On est passé d’une monarchie tranquille — le vin à table, point final — à une démocratie d’usages, parfois désordonnée, souvent pragmatique. Le vin n’est plus un réflexe constitutionnel. C’est une proposition qu’on adopte ou qu’on rejette selon l’ordre du jour.

Et l’ordre du jour, justement, a changé. Le repas n’est plus la séance plénière obligatoire. Il reste important, mais il perd son monopole. L’apéritif grignote du terrain, les soirées prolongent les débats, les consommations se déplacent. Le vin circule, quitte la tribune, va s’asseoir ailleurs. Il se fait plus mobile, moins solennel.

Dans ce nouveau paysage, un mot s’impose comme un vote décisif : le goût. C’est lui qui tranche désormais en première lecture. Le reste — tradition, convivialité, accords savants — suit, mais ne commande plus. Le vin doit convaincre, non plus par statut, mais par efficacité immédiate. Une forme de scrutin...

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