Monthelie : la Bourgogne sans la surchauffe Gratuit
Le 3 juin 2026
À Monthelie, on pourrait facilement se laisser hypnotiser par la beauté du décor : ses combes abruptes, ses murgets (murs de pierre), ses coteaux qui plongent vers la Côte de Beaune. Mais derrière la carte postale, le village bourguignon mène une autre bataille : celle de la reconnaissance. Lors du « Printemps de Monthelie », rendez-vous devenu incontournable du week-end de Pâques, les vignerons ouvrent caves et bouteilles pour rappeler qu’ici, il ne se produit pas seulement un « petit voisin » de Volnay ou de Meursault, mais une appellation singulière, diverse et encore étonnamment accessible. Première rencontre de notre périple, Laurent Boussey, président de l'ODG (Organisme de défense et de gestion) de l'appellation Monthelie.

Durée de l'entretien : 7 mn

Laurent Boussey, vigneron à Monthelie et président de l’ODG, assume sa mission presque militante : « Ça a toujours été le but, de faire découvrir l’appellation, toute la capacité qu’elle a sur toutes les couleurs. »  Une phrase qui résume bien l’état d’esprit du village : moins dans la démonstration que dans la révélation progressive. Car Monthelie souffre encore d’une forme de discrétion géographique et symbolique. Coincé entre des noms mythiques qui saturent l’imaginaire bourguignon, le village avance plus modestement. Pourtant, pour ceux qui prennent le temps de sortir des axes œnotouristiques, la découverte peut être spectaculaire. « Toute la capacité de vieillissement, toute la capacité de diversité qu’on peut avoir », insiste Laurent Boussey. 

« On peut avoir beaucoup de styles de vins différents. C’est ça qui est assez fantastique avec notre village. » Cette diversité, Monthelie la doit à sa géographie accidentée. Ici, les combes sculptent les paysages autant que les vins. Les expositions changent vite, les plateaux succèdent aux pentes abruptes, les secteurs plus frais côtoient des zones plus solaires. 

« Les anciens ont dû beaucoup travailler pour pouvoir exploiter pas mal de coins de Monthelie », rappelle le vigneron Laurent Boussey en évoquant ces coteaux pierreux où « le caillou, ça ne manque pas ».
@tellementsoiftv
« Les anciens ont dû beaucoup travailler pour pouvoir exploiter pas mal de coins de Monthelie », rappelle le vigneron Laurent Boussey en évoquant ces coteaux pierreux où « le caillou, ça ne manque pas ».


Et partout, l’histoire affleure. Dans les pierres de l’église du XIIe siècle, plus ancienne que celle de Meursault. Dans les anciennes voies reliant la plaine à Autun. Dans les vestiges gallo-romains disséminés autour du village. 

« Il y a des stèles, il y a pas mal de choses qui nous montrent quand même l’activité qu’il y avait », souligne Laurent Boussey.  À Monthelie, le vin n’est pas seulement un produit culturel récent : il semble inscrit dans une longue continuité territoriale. 

Mais le plus...

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