Durée de l'entretien : 13 mn.
Il y a le métier de sommelier "classique" où l’on choisit une bouteille pour une table. Et puis il y a la mission de Xavier Thuizat, où l’on choisit des vins pour une compagnie aérienne entière. Ce n’est plus une carte, c’est une géopolitique du bouchon. Depuis 2024, le populaire sommelier, passé par plusieurs restaurants trois étoiles (ex Hôtel Crillon) et couronné en 2022 à la fois Meilleur Ouvrier de France et Meilleur Sommelier de France, s’occupe des achats vins d’Air France. Autrement dit : il doit faire tenir l’idée du goût français dans un avion lancé à 900 km/h.
Air France n’est pas une compagnie comme les autres dès qu’il s’agit de vin. À bord, surtout en business et en Première, la bouteille n’est pas seulement une boisson. Elle est un drapeau. Un signe. Un fragment de France versé dans un verre en altitude.
Xavier Thuizat le sait. Il avance dans cet univers avec l’assurance prudente des grands sommeliers : le goût, oui, mais aussi les volumes, les prix, les appels d’offres, les contraintes, les cahiers des charges. L’élégance, ici, ne descend pas seule de la cave. Elle passe par Excel.
La Première : quatre sièges, un palais volant
Chez Air France, tout commence par un monde minuscule et immense à la fois : La Première. Xavier Thuizat la décrit comme « une principauté chez Air France ». L’expression est juste. Quatre sièges par avion. Environ 100 sièges sur toute la compagnie. Une enclave dans le ciel, plus proche du palace que du transport de masse.
« Je suis attaché à être comme dans un palace », explique-t-il. Là-haut, le vin n’est pas décoratif. Il participe à une bataille mondiale, celle de la meilleure Première du monde. «...
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