Tavel 1936-2026 : le rosé qui refuse de pâlir Gratuit
Le 13 août 2026
90 ans des AOC à Wine Paris - À 90 ans, Tavel n’a aucune envie de devenir sage. Tandis que le rosé mondial s’est éclairci jusqu’à parfois sembler disparaître dans le verre, le cru rhodanien revendique sa couleur, sa matière et son étrangeté. Mais derrière cette fidélité au style, une autre bataille commence : climat, eau, cépages, agroforesterie, renouvellement des générations. Rencontre avec Julien Courdesse et Sébastien Jouffret, les deux coprésidents de l’ODG Tavel.
Durée de l'entretien 12 mn.
Wine Paris gronde autour de nous. Les verres tintent, les badges se croisent, les appellations fêtent leurs anniversaires. Sur celui de Tavel, une date : 1936-2026.
90 ans
Alors forcément, une question un peu idiote vient d’abord : à eux deux, Julien Courdesse et Sébastien Jouffret atteignent-ils les 90 ans ? « Ce ne sera pas loin, mais non », sourit Julien.
Bien. Tavel est donc plus vieux que ses présidents. C’est rassurant.
Mais les hommes qui ont fait reconnaître l’appellation en 1936 auraient-ils seulement imaginé ce qui allait arriver au rosé ? Qu’un vin longtemps considéré comme secondaire deviendrait un phénomène planétaire, un marché, une couleur, presque un mode de vie ?
Sébastien Jouffret n’hésite pas :
« Je pense qu’ils étaient précurseurs. »
Rouge clair hier, rosé iconique aujourd’hui
Tavel aurait pu choisir le rouge. Après tout, Châteauneuf-du-Pape n’est pas loin. Lirac non plus.
Mais le cru a pris un autre chemin.
« Ils sont partis sur le rouge clair, c’est comme ça que c’était appelé à l’époque », rappelle Sébastien Jouffret. Et ce rouge clair est devenu rosé. Puis Tavel. Puis une sorte d’objet viticole non identifié que tout le monde croit connaître.
Car Tavel est rosé, certes. Mais pas exactement comme les autres. Julien Courdesse revendique cette ambiguïté :
« Nous, on a la chance d’avoir le rosé, ou un rouge léger, pourrait-on dire. »
Le mot est lâché. Rouge léger.
Voilà qui tombe plutôt bien au moment où certains amateurs redécouvrent précisément ces rouges transparents, peu extraits, servis frais, fruités, presque rosés sans vouloir l’avouer.
Tavel, ringard hier et soudain contemporain ?Ce serait aller vite. Mais la question mérite d’être posée.
« Il faut savoir s’amuser avec tous les codes et avec tout l’éventail des possibles », poursuit Julien...

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