Durée de l'entretien : 12 ans.
Châteauneuf-du-Pape fête ses 90 ans. Avec le baron Le Roy, l’appellation a joué un rôle fondateur dans l’histoire des AOC. Ce cadre de 1936 est-il encore une force aujourd’hui ?
Amélie Barrot et Laure Berthet — Clairement. « Il a été extrêmement bien pensé dès le départ. » La diversité des terroirs et des cépages reste l’un des principaux atouts de Châteauneuf. Un patrimoine suffisamment solide pour traverser neuf décennies sans devenir un carcan.
Mais le climat de 2026 n’est plus celui de 1936…
C’est précisément là que l’histoire devient intéressante. Travail des sols, conduite de la vigne, choix des cépages : l’appellation veut évoluer sans renier son identité. « Il y a des choses nouvelles qui peuvent être adaptées à notre cahier des charges. » La difficulté ? Faire bouger la règle aussi vite que le climat.
Le changement passe aussi par les cépages ?
Oui. Le grenache reste le roi de Châteauneuf, mais sa cour se repeuple. Mourvèdre, counoise, vaccarèse, terret noir et autres variétés historiques retrouvent de l’intérêt, tandis que la syrah peut souffrir davantage des conditions chaudes.
« Pour nous, ce ne sont pas des cépages complémentaires. Ce sont des cépages à part entière de notre appellation. »
La nuance compte. Ce patrimoine ampélographique longtemps considéré comme secondaire pourrait devenir l’une des réponses les plus précieuses au réchauffement.
Et Châteauneuf ose même le monocépage ?
De plus en plus. 100 % grenache, 100 % vaccarèse, counoise ou terret noir : ce qui semblait atypique il y a encore quelques années permet aujourd’hui de montrer un autre visage de l’appellation.
« Nous avons commencé en 2009 avec un 100 % grenache. À l’époque, certains...
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