Durée de l'entretien : 14 mn
L’antiquaire de la Bourgogne
La cave ressemble à un musée. Sauf que tout peut se boire. « On m’appelle souvent l’antiquaire de la Bourgogne », lâche Vincent Durrieu. Trois cents, trois cent cinquante références. Trente, peut-être quarante millésimes. Chez Potinet-Ampeau, le temps n’est pas un argument marketing ajouté après coup. Il fait partie du système.
Le domaine porte deux familles dans son nom : Potinet côté Monthélie, Ampeau côté Meursault. Les rouges viennent historiquement d’un côté, les blancs de l’autre. Et dans la mémoire d’Antoine Gerbelle surgit Robert Ampeau, chez qui une génération de sommeliers venait chercher ce que les cartes de restaurants peinaient déjà à offrir : des bourgognes à maturité.
Une bouteille n’est pas un meuble
Vincent Durrieu ne met pas longtemps à sortir du folklore.
« La viticulture, ça reste quand même un secteur agricole. On fait un produit agricole, contrairement à aujourd’hui où on a plus tendance à faire des produits presque de spéculation. »
La comparaison tombe : un vieux meuble, on peut l’acheter une fois dans une vie. Une bouteille, non. « Une bouteille, il faut qu’elle soit achetée, bue, appréciée. » Le reste de la phrase sera laissé à l’imagination.
Mais le coup est parti. Dans une Bourgogne où certaines bouteilles changent de mains plus vite qu’elles ne se vident, Potinet-Ampeau défend une idée presque archaïque : le vin est fait pour finir à table.
Le choix radical d’attendre
Comment construit-on commercialement une offre de vieux millésimes ? Réponse : on ne la construit pas. On la conserve. « Dans les années 50, la Bourgogne se buvait avec un petit peu d’âge. »
Les vins étaient plus durs jeunes, plus...
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