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Potinet-Ampeau à Monthelie, l'antiquaire de la Bourgogne Abonnés
Le 9 octobre 2026
À Monthélie, Vincent Durrieu garde 300 à 350 références sur plusieurs décennies et se décrit volontiers comme « l’antiquaire de la Bourgogne ». Au Domaine Potinet-Ampeau, le dernier millésime n’est pas forcément le premier vendu : les bouteilles attendent. Une philosophie de garde devenue presque dissidente dans une Bourgogne pressée par les prix, la spéculation et le goût du fruit immédiat. Et un poste d’observation idéal pour mesurer ce que Monthélie a encore à dire. 

Durée de l'entretien : 14 mn

L’antiquaire de la Bourgogne

La cave ressemble à un musée. Sauf que tout peut se boire. « On m’appelle souvent l’antiquaire de la Bourgogne », lâche Vincent Durrieu. Trois cents, trois cent cinquante références. Trente, peut-être quarante millésimes. Chez Potinet-Ampeau, le temps n’est pas un argument marketing ajouté après coup. Il fait partie du système.

« On est suffisamment connus pour dire : Potinet-Ampeau égale vin de garde, » Vincent Durrieu.
@Tellementsoiftv
« On est suffisamment connus pour dire : Potinet-Ampeau égale vin de garde, » Vincent Durrieu.

Le domaine porte deux familles dans son nom : Potinet côté Monthélie, Ampeau côté Meursault. Les rouges viennent historiquement d’un côté, les blancs de l’autre. Et dans la mémoire d’Antoine Gerbelle surgit Robert Ampeau, chez qui une génération de sommeliers venait chercher ce que les cartes de restaurants peinaient déjà à offrir : des bourgognes à maturité.

Une bouteille n’est pas un meuble

Vincent Durrieu ne met pas longtemps à sortir du folklore. 

« La viticulture, ça reste quand même un secteur agricole. On fait un produit agricole, contrairement à aujourd’hui où on a plus tendance à faire des produits presque de spéculation. »

La comparaison tombe : un vieux meuble, on peut l’acheter une fois dans une vie. Une bouteille, non. « Une bouteille, il faut qu’elle soit achetée, bue, appréciée. » Le reste de la phrase sera laissé à l’imagination.

Mais le coup est parti. Dans une Bourgogne où certaines bouteilles changent de mains plus vite qu’elles ne se vident, Potinet-Ampeau défend une idée presque archaïque : le vin est fait pour finir à table.

Le choix radical d’attendre

Comment construit-on commercialement une offre de vieux millésimes ? Réponse : on ne la construit pas. On la conserve. « Dans les années 50, la Bourgogne se buvait avec un petit peu d’âge. »

Les vins étaient plus durs jeunes, plus...

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