✖
Monthelie blanc : le chardonnay prend de la hauteur Abonnés
Le 4 août 2026
Monthelie, on l’attend en rouge. On le découvre ici en blanc, dans une version moins anecdotique qu’on pourrait le croire. Entre bas de village, lisière de forêt, coteaux tournés vers Volnay et premiers crus plus charpentés, le chardonnay de Monthelie joue la carte des écarts : du citron d’altitude au gras de millésime chaud, de la craie fine au beurre salé. Ce n’est pas encore une appellation de blancs parfaitement lisible. Mais c’est justement ce qui la rend intéressante : ça bouge, ça cherche, ça monte.
Durée de la dégustation : 6 mn.
Monthelie blanc, c’est encore le petit couloir discret de la Côte de Beaune. On en parle moins que des rouges, on le goûte moins souvent, et pourtant le sujet devient sérieux. Le blanc progresse dans l’appellation, non comme une mode plaquée sur le chardonnay, mais parce que certains secteurs ont quelque chose à dire : des bas de village proches de Meursault, des hauts de coteau qui regardent la forêt, des combes qui refroidissent l’année chaude et des expositions qui donnent au vin tantôt de la chair, tantôt de la craie.
La série ne donne pas un paysage parfaitement homogène. Tant mieux. Monthelie blanc n’est pas encore une chanson apprise par cœur. C’est plutôt une répétition générale : certains vins cherchent leur justesse, d’autres appuient trop sur le bois ou la malo, quelques-uns manquent de précision. Mais quand le vin tombe juste, il sort du rang. La Goulotte de Dujardin 2024 file droit comme un trait de citron sur une huître. La Combe Danay 2023 du même domaine met les pieds dans la roche et allonge le pas. Les Champs Fulliots 2023 de Laurent et Karen Boussey, même sans note chiffrée arrêtée dans le carnet, montre le profil d’un chardonnay de chair et de garde.
Le millésime 2024, plus frais, a plutôt bien servi le blanc. Les vins les plus réussis gardent de la délicatesse sans devenir maigres. Pascal Mure donne avec Les Toisères un blanc floral, fin, légèrement boisé, dont la bouche reste enveloppée malgré l’année. Dujardin, sur La Goulotte, signe le vin le plus cristallin de cette série 2024 : agrume, altitude, tension, texture crayeuse mûre. Ce n’est pas un blanc de canapé ; c’est un vin de poisson cru, de coquillage, de lame froide.
À l’autre bout du spectre,...
Contenu réservé aux abonnés
79 % de ce contenu restent à découvrir !
Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.






