Bourgogne : le vin se vend plus, mais rapporte moins
Bourgogne : le vin se vend plus, mais rapporte moins Abonnés
Le 16 octobre 2026
La Bourgogne fait figure d'exception dans un marché du vin français en pleine déprime. Ses exportations progressent, ses blancs séduisent et ses crémants pétillent. Mais derrière les chiffres flatteurs de 2025, les recettes diminuent, les prix moyens s'érodent et les rouges ralentissent. Le modèle bourguignon serait-il en train de changer de régime ?

Il fut un temps où les Bourgognes semblaient ignorer les lois de la pesanteur économique. Les cours grimpaient, les grands crus s'arrachaient, les collectionneurs internationaux disputaient les bouteilles aux amateurs. Pendant que Bordeaux s'enfonçait dans une crise commerciale, la Bourgogne affichait une prospérité insolente. Jusqu'à quand ?

Les chiffres 2026 publiés par l'interprofession bourguignonne (ex BIVB rebaptisé "Comité Bourgogne en 2026) et les résultats des exportations françaises en 2025 racontent une histoire plus nuancée.

 Avec ses 32 491 hectares en production, ses 84 appellations et sa production moyenne de 1,46 million d'hectolitres, la Bourgogne demeure un petit vignoble à l'immense réputation. Mais son économie commence à montrer quelques signes de fatigue.

Plus de bouteilles, moins d'argent

C'est le chiffre qui change tout. En 2025, la Bourgogne a exporté 98,4 millions de bouteilles, soit une progression de 3,7 % par rapport à 2024. Une performance remarquable alors que l'ensemble des vins français recule de 2 % en volume. Mieux : les AOC françaises abandonnent 3,2 % de leurs volumes à l'étranger.

Mais  ces 98,4 millions de bouteilles n'ont rapporté que 1,617 milliard d'euros, contre 1,647 milliard un an plus tôt. Soit une baisse de 1,8 % du chiffre d'affaires export.

Autrement dit, la Bourgogne vend davantage de vin, mais pour moins d'argent. Le prix moyen de la bouteille exportée passe ainsi de 17,36 € à 16,44 €, une chute de 5,3 %.

Attention toutefois : il s'agit d'une valeur douanière moyenne, pas du prix effectivement payé à chaque vigneron. Ce recul peut traduire des ajustements tarifaires, mais aussi une modification des appellations et des cuvées exportées.

Cela n'en constitue pas moins un changement notable. La Bourgogne conserve sa puissance commerciale, mais ne semble plus pouvoir augmenter indéfiniment la valeur de ses ventes.

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