Durée de l'entretien : 20 mn.
Née en 1976 de l’intuition d’un entrepreneur mondain, la marque Nicolas Feuillatte s’est alliée à une puissance collective pour devenir, en quelques décennies, l’un des noms les plus familiers de la Champagne. Comment une petite maison écoulant quelques centaines de milliers de bouteilles a-t-elle changé d’échelle sans perdre le fil humain de son histoire ? Avec Guillaume Roffiaen, chef de cave, retour sur une aventure où se rencontrent la jet-set new-yorkaise, cinq mille vignerons, la grande distribution, les grands crus et une certaine idée du champagne : un vin fait pour rassembler.
La plus jeune des grandes
50 ans. En Champagne, où certaines maisons comptent leur âge en siècles, le chiffre pourrait presque paraître modeste. Un battement de cil dans l’histoire des caves crayeuses. Et pourtant, Nicolas Feuillatte n’est plus depuis longtemps un nouveau venu que l’on pourrait regarder avec une indulgence amusée.
« On reste la marque la plus jeune du vignoble à cette échelle-là », rappelle Guillaume Roffiaen.
À cette échelle-là, précisément, les chiffres donnent le vertige : près de 5 000 vignerons, environ 2 500 hectares d’approvisionnement et une présence devenue familière sur les tables françaises. Nicolas Feuillatte est même présenté depuis une quinzaine d’années comme « la marque de champagne préférée des Français ».
Comment une maison née en 1976 a-t-elle pu s’installer aussi rapidement dans le paysage mental et affectif du pays ? Par le marketing ? Par la distribution ? Par la puissance d’une coopérative ? Évidemment. Mais les chiffres n’expliquent jamais entièrement une aventure. Ils en mesurent seulement les conséquences.
Au commencement, il y a un homme.
Du robusta aux bulles : l’étrange destin de Nicolas Feuillatte
Rien ne destinait...
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