Durée de l'entretien : 15 mn
À Wine Paris 2026, dans le bruissement continu des verres rincés, des poignées de main et des bouteilles débouchées avant midi, nous avons retrouvé Jérôme Durand, directeur général de la maison. Derrière lui, les étiquettes vertes surgissaient dans le flux du salon parisien comme des balises familières. Cet arrêt sur le stand Canard-Duchêne n'est pas le fruit du hasard. Une idée s’est imposée : quelque chose est en train de se passer dans la maison de Ludes. Quelque chose de discret, donc profondément champenois.
Car ici, nul récit de rupture tonitruante. Pas de révolution proclamée à coups de slogans. Simplement vingt années passées à reconstruire patiemment une maison populaire de l’intérieur, par le vin, par les approvisionnements, par la fidélité obstinée à un style. Le genre de travail que l’on ne remarque qu’une fois accompli.
Une histoire d’amour et de coteaux froids
L’histoire commence comme un roman du XIXe siècle. Une vigneronne de Ludes, Léonie Duchêne. Un tonnelier, Victor Canard. Ils tombent amoureux, mêlent leurs noms comme on assemble deux vins et fondent la maison en 1868. « C’est une saga familiale qui a duré plus de cent ans », raconte Jérôme Durand.
Ludes : le mot revient souvent dans notre conversation. Et ce n’est pas un hasard. Car une maison de Champagne reste d’abord une géographie. Une façon d’habiter un climat.
Longtemps, les coteaux nord de la montagne de Reims furent considérés comme des terres presque ingrates. Trop fraîches, trop lentes à mûrir, trop austères dans certaines années. La septentrionne Champagne voulait alors du soleil, de la maturité, du volume. Le...
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