Monbazillac 1936-2026 : le sucre change de ton Gratuit
Le 8 août 2026
À 90 ans, l’AOC Monbazillac n’a pas l’intention de se laisser enfermer dans l’image du liquoreux de grand-papa. Sylvie Alem, vigneronne et ancienne présidente de la cave coopérative, défend les règles de l’appellation mais revendique aussi son évolution : vendanges par tries, davantage de fraîcheur, nouveaux accords, cocktails et œnotourisme. Le botrytis reste, le sucre aussi. Mais le discours a changé.

Durée de l'entretien : 13 mn.

Monbazillac fait partie de ces noms que presque tout le monde connaît, même sans savoir précisément où les poser sur une carte. Une vieille notoriété française. Un vin associé aux repas de fête, au foie gras, parfois à cette bouteille un peu oubliée qu’on ressortait le dimanche.

À Wine Paris, pour les 90 ans des premières appellations d’origine contrôlée, Sylvie Alem vient rappeler que Monbazillac n’a justement pas l’intention de devenir une pièce de musée.
@Tellementsoiftv
À Wine Paris, pour les 90 ans des premières appellations d’origine contrôlée, Sylvie Alem vient rappeler que Monbazillac n’a justement pas l’intention de devenir une pièce de musée.


Monbazillac, aujourd’hui, c’est quoi ?

« C’est en Dordogne, dans le Périgord pourpre », commence-t-elle. Une appellation d’environ 2 300 hectares, installée sur des coteaux où les conditions favorisent le développement de la pourriture noble, le fameux Botrytis cinerea. Elle évoque aussi « 120 vignerons » et insiste immédiatement sur un mot : collectif.

« On est une appellation où on s’entend bien, qu’on soit vigneron coopérateur ou vigneron indépendant. »

Sylvie Alem connaît bien le sujet. Adhérente à la cave coopérative, elle en a été présidente pendant dix ans. « J’aime beaucoup fédérer les gens. Je pense qu’une appellation ne fonctionne que par ses vignerons. »

Voilà déjà une première réponse à la question posée par cet anniversaire : après 90 ans, à quoi sert encore une AOC ?

L’AOC : carcan ou colonne vertébrale ?

La question n’a rien d’anecdotique. Une partie de la nouvelle génération vit parfois les cahiers des charges comme une accumulation de contraintes : cépages imposés, rendements, pratiques culturales, méthodes de vinification.
Sylvie Alem ne se dérobe pas.

« Vous parlez à une convaincue de l’AOC. Je défends les cahiers des charges. Je pense qu’il faut mettre des règles et les respecter, et surtout le dire. »

Elle en fait même un contre-discours face aux critiques adressées aujourd’hui à l’agriculture et...

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