Longtemps perçu comme un produit annexe — souvent cantonné à des usages domestiques ou à des circuits courts — le Ratafia entre aujourd’hui dans une phase de structuration. « Chaudron » agit ici comme un catalyseur : il fédère producteurs, prescripteurs et acteurs de la mixologie autour d’un même objectif, redéfinir les usages et la perception du produit.
Un profil technique singulier, entre vin et spiritueux
Le Ratafia Champenois repose sur un procédé de mutage du moût de raisin frais par ajout d’eau-de-vie. Cette intervention bloque la fermentation et permet de conserver l’intégralité du spectre aromatique du raisin. Le profil obtenu — généralement situé entre 17 et 18 % vol. — conjugue richesse, précision et lisibilité variétale.
Historiquement, son nom renvoie à une double lecture :
- une filiation avec le « tafia », décrite au XIXe siècle par Pierre Duplais (auteur d'un traité sur les liqueurs au XIXéme siècle)comme une eau-de-vie aux qualités organoleptiques fines
- une origine latine, rata fiat, associée à la validation d’un accord
Cette ambivalence sémantique reflète assez fidèlement la nature du produit : à la fois ancré dans une tradition et ouvert à des interprétations contemporaines.
La mixologie comme outil de repositionnement
L’un des enjeux majeurs de cette édition réside dans l’intégration du Ratafia dans les pratiques de mixologie. Sous l’impulsion de Antony Bertin, plusieurs cocktails signatures seront présentés en avant-première.
Ce choix n’est pas anecdotique. Il traduit une évolution de fond :
le passage d’un produit perçu comme statique à un ingrédient fonctionnel, capable d’interagir dans une construction aromatique.
Le Ratafia présente en effet plusieurs atouts pour cet usage :
- une base sucrée naturelle évitant...
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